Vivez-vous une baisse de connectivité neuronale ?
J'utilise beaucoup l'IA, j'ai même cet été, installé un système souverain 0 rétention - protection des données pour mes clients oblige - et comme mon métier est d'apporter de la valeur dans mes interventions et dans les préparations, le fait de risquer d'être plus "bête" m'a interpellée et fait adapter mes pratiques.
Et vous ?
Une étude du MIT Media Lab vient de poser quelque chose d'inconfortable sur la table.
54 personnes. Trois groupes. Un EEG pour mesurer l'activité cérébrale pendant la rédaction.
Résultat : ceux qui utilisaient ChatGPT montraient un engagement neuronal significativement plus faible et avaient plus de mal à se souvenir de ce qu'ils venaient d'écrire.
Les chercheurs appellent ça la décharge cognitive.
Une partie de la planification, de la génération d'idées, du raisonnement confiée à l'outil.
Le cerveau, lui, tourne au ralenti.
Ce que ça m'a fait, concrètement : une légère gêne.
Parce que j'utilise l'IA tous les jours. Pour préparer mes sessions, structurer mes analyses, affiner mes restitutions.
Et j'avais remarqué quelque chose sans l'avoir nommé aussi clairement.
Certains jours, je pensais "avec" l'outil.
D'autres jours, je laissais l'outil penser "à ma place", c'est à dire que je jette mes infos, idées pèle mêle et l'outil reformule, synthétise. 🙈
La frontière est fine. Et elle ne se voit pas toujours au moment où on la franchit.
Ce qui m'a conduit à changer quelque chose dans ma façon de travailler.
Pas à abandonner l'IA, ce serait aussi absurde que de refuser l'électricité.
Mais à réintroduire une étape que j'avais progressivement supprimée : penser d'abord. Seule. Avant d'ouvrir le moindre outil.
Formuler mon analyse. Poser mes hypothèses. Identifier ce que je ne sais pas encore.
Ensuite, seulement, utiliser l'IA pour challenger, enrichir, affiner.
Dans cet ordre-là, l'outil amplifie ma réflexion.
Dans l'autre ordre, il la remplace.
Ce que 25 ans d'accompagnement de dirigeants m'ont appris, c'est que la valeur d'un coach ne réside pas dans sa capacité à produire de l'information.
Elle réside dans sa capacité à lire une situation que personne d'autre dans la pièce ne lit de la même façon.
Cette lecture lâ, elle se construit dans le silence, dans l'inconfort, dans l'effort cognitif réel.
Pas dans la fluidité d'une synthèse générée en trente secondes.
Alors oui, j'utilise l'IA. Avec un système souverain, sans rétention de données, parce que la confidentialité de mes clients n'est pas négociable.
Mais j'ai réappris à me retenir de croire que j'allais gagner du temps au détriment de ma pensée.
Et vous vous utilisez ces outils en amont de votre réflexion, ou en aval ?





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